image

image Accueil
image

Les établissements des PEP Alpes du Sud

L'ASSOCIATION TERRITORIALE DES PEP DES ALPES DU SUD => Discours CB

intervention christian brun Discours de Christian Brun, prsident des PEP AdS

Le mouvement PEP a cent ans.
Cest avec quelques clichs que je vais voquer ce long parcours, en comparant ce qui se passait au niveau national par rapport au niveau dpartemental.

Le tout en quatre points :
1-Les faits de guerre, ou leffet de guerre,
2-Le mouvement pupilles,
3-Lvolution des PEP 05,
4-Les perspectives des PEP AdS.

Historique : niveau national
la suite de la mobilisation gnrale, ds le 2 aot 1914 tous les hommes incorpors et la plupart des rservistes sont sur le pied de guerre et se dirigent vers le front.
Chacun rejoint son unit et les Hauts-Alpins sen vont vers les rgiments dinfanterie alpine, les 157e et 159e, respectivement situs Gap et Brianon.
Certains y effectuaient le service militaire (trois annes) : fils dagriculteurs en majorit ils pouvaient plus rapidement retrouver la ferme lors des permissions pour aider aux travaux des champs.
Ils ont quitt les Hautes-Alpes et se sont retrouvs rapidement sur le front, tandis que le long du parcours en train, ils taient acclams par la foule qui les encourageait aux cris de On les aura !, Revenez vite !, car dans leur esprit, ce ntait quune question de jours, pour venir bout de la mchante Allemagne.
Hlas ! comme chacun sait, ds les mois daot, de septembre, ce furent de vritables hcatombes parmi les poilus.
Bon nombre dentre eux taient maris, avaient des enfants et le nombre de veuves et dorphelins alla grandissant.

Historique : dans les Hautes-Alpes
Les consquences de ces combats, dans notre dpartement dune population denviron 105 000 habitants en 1914, sont au moins au nombre de trois :
1-La plupart des soldats Haut-Alpins sont placs dans les mmes rgiments. Ainsi cest toute une tranche dge qui se trouve quasiment dcime ds les premires semaines. Ltat-major ragira assez vite en rpartissant les soldats dune mme rgion dans des rgiments divers.
Le poilu Louis Mourenas, Haut-Alpin de Montclus, ne manque pas dy faire allusion dans son courrier en crivant :
-Il y a un mois que je suis parti du 112e Territorial et je suis t vers au 202e de rserve dactive. Je suis prsent avec des Bretons et des Normands en partie.
Je vous assure quil ma fait assez de la peine de quitter mes camarades car nous tions tous presque des Alpins, mais il faut aller o lon vous mne.
2-La vie dans les campagnes, en particulier, change daspect. Les hommes valides tant mobiliss, il ne reste dans les fermes que les enfants, les hommes gs ou frapps dune infirmit et les femmes. Ces dernires ne sont pas toutes aguerries aux durs travaux des champs, tant par le savoir-faire que par la force physique ncessaire, par exemple pour arnacher les chevaux et les conduire. Et pourtant, ce sont elles, pendant quatre annes, qui vont devenir des chefs de famille, ce qui, probablement, entranera des tensions lorsque les hommes reviendront des combats.
3- la rentre des classes au mois doctobre, les enseignants non mobiliss et les enseignantes rencontrent le dsarroi des familles, des enfants orphelins. Plusieurs actions nationales se mettent en place pour venir en aide ces enfants ncessiteux :
-comit de la rue Bonaparte,
-fdration amricaine,
-union des coopratives,
-aide aux veuves, etc.

Naissance des PEP
Un certain nombre duniversitaires qui appartenaient tous les ordres denseignement ont jug que lcole publique avait dans cette tche commune un rle particulier remplir et pour lequel elle ne saurait tre remplace.
Ds juillet 1915, une circulaire prsente au Snat en donnait les principes, elle est reprise dans le Bulletin de lEnseignement primaire des Hautes-Alpes.
En voici quelques propos :
Nous voulons donc fonder une uvre laquelle on pourra donner le nom de uvre des pupilles de lcole publique, un double titre :
-Cest lcole elle-mme quil conviendra de demander les ressources ncessaires pour les lves,
-Lcole devra ces orphelins une existence morale.
Limplication des enseignants est fortement sollicite, bien au-del des fonctions denseignant, puisque, au lieu de lorphelinat la famille o il est dsirable que lenfant soit recueillie est celle de linstituteur ou de linstitutrice.
Il est propos quun comit se constitue dans chaque chef-lieu sur linitiative de linspecteur dacadmie ou du recteur. Chaque comit serait autonome et les comits locaux seraient relis les uns aux autres par un comit central qui, sans intervenir dans le fonctionnement des organes locaux assurerait lunit de luvre.

Dans les hautes-Alpes
Le comit dinitiative, prsid par monsieur Liard, interpelle les recteurs, par une circulaire manuscrite, sans en-tte, et ce, ds la fin du mois de juillet 1915. Cette circulaire est reprise par les recteurs lintention des Inspecteurs dacadmie. Linspecteur des Hautes-Alpes reproduit cette circulaire dans le bulletin dpartemental de linstruction primaire.
Monsieur Petit-Detaillis, recteur de lAcadmie de Grenoble sadresse linspecteur dacadmie des Hautes-Alpes, monsieur Dcis (jusqu la rgionalisation, les Hautes-Alpes dpendaient de lacadmie de Grenoble) en ces termes :
Je vous prie de bien vouloir ds maintenant assurer la plus large publicit au projet de constitution de luvre des pupille de lcole publique [...] Il sagit que lorphelin ... ne soit pas seulement llve de cette cole, mais quil en devienne le pupille, quil y trouve lassistance matrielle et lassistance morale dont il a besoin.
Les inspecteurs primaires sont chargs de relayer les informations lors des confrences pdagogiques. Des runions de sensibilisation avec divers partenaires sont organises. Des directives sont donnes lors de ldition du Bulletin dpartemental de lenseignement primaire. Des propositions de statuts sont ralises par le comit dinitiative et sont discutes au cours de ces runions.
Cela demande videmment du temps, tandis que le comit provisoire met en place les actions qui sont dvolues luvre.
Enfin, le 26 avril 1917 lassemble gnrale constitutive se runit officiellement. Dans la convocation on lit : Lordre du jour comprendra, aprs un expos sur le but et les moyens daction de luvre, le vote des statuts et llection du comit.
Il est noter que tous les membres de lenseignement sont convoqus, ainsi que toutes les personnes qui sintressent luvre.
On trouve dans ces statuts, sensiblement les mmes articles que ceux qui gouvernent aujourdhui notre association, ceci prs que le sige de lassociation territoriale que nous sommes nest plus situ lInspection acadmique, pour des questions de commodit (nous avons besoin de plus de place quune partie dun bureau de linspection, comme jai connu au dbut de ma carrire!).
Naturellement, il est not que luvre pourra adhrer la Fdration que viendraient former les associations semblables tablies dans les autres dpartements.
En ce jeudi 26 avril 1917 (jour pendant lequel il ny a pas classe, rappelez-vous!), sous la prsidence du prfet, les statuts sont adopts et les 18 membres du comit sont dsigns.
Parmi eux se trouvent des personnels de tous les niveaux : de lenseignement secondaire, de lcole normale, des coles primaires et coles primaires suprieures, des socits adhrentes, des dlgus cantonaux, de la mutualit scolaire ainsi que des personnes individuelles. Parmi les individuels il y a madame Cluzel de Savines dont on retrouvera le nom quarante ans plus tard dans la vie de notre association.

La vie de luvre
Un an aprs sa constitution, lassemble gnrale se runit le jeudi 18 avril 1918. Notre uvre dfinitivement constitue a fonctionn dune faon rgulire lit-on dans le rapport moral du secrtaire.
On y apprend que :
1-Le comit a adhr au comit de la rue Bonaparte qui subventionne les associations qui soccupent des orphelins. Luvre des pupilles des Hautes-Alpes la sollicit pour ladoption de 312 orphelins.
Le nombre total dorphelins slve 551 la date de lassemble gnrale, il y an avait 422 au 31 dcembre 1917. Chaque orphelin a peru 8 francs par mois davril septembre, puis 9 francs doctobre dcembre. Luvre a distribu au total 24376 francs durant cette anne.
2-Leffort du personnel et des coles est dtaill. Il y a 414 instituteurs et institutrices membres individuels (ce qui reprsente environ 2 instituteurs sur 3).
Ce sont 183 coles ou classes qui participent en tant que membres collectifs, soit presque 100% de participation.
3-Des aides extrieures sont octroyes durant lanne 1917 :
-par le conseil gnral pour 500francs,
-par 16 communes (sur 180) qui ont vot des subventions pour un montant total de 450 francs.
Luvre a t dclare en prfecture le 7 mars 1917, conformment au dcret du 16 aot 1901. Elle est autorise faire appel la gnrosit publique par arrt du 5 avril 1917.
Le compte rendu prcise :
Elle adhrera la Fdration nationale des uvres dpartementales des pupilles de lcole publique le 19 fvrier 1918.

Dans sa conclusion du rapport moral, le secrtaire rappelle larticle1 des statuts qui fait obligation dassurer laide morale et lassistance matrielle nos pupilles jusqu lge o ils seront en tat de se suffire eux-mmes. Cest donc une uvre de longue haleine que nous nous sommes impose.
Les bases de notre mouvement PEP dans notre dpartement sont ainsi poses. Il est noter la forte implication des Inspecteurs dacadmie prsidents. Ils ont fortement sollicit les enseignants, soit par le contenu du Bulletin de lEnseignement primaire, soit par le relais des inspecteurs primaires.
Limplication des instituteurs pendant le temps de guerre permet, grce leurs crits de connatre au plus prs la vie de tous les jours.
En effet, la demande du prfet, ils ont rapport sous forme de rapides comptes rendus, de notes, tous les faits marquants quils connaissaient, notamment en ce qui concerne lesprit public, lordre public et le moral de la population, qui leur tait demand.
Missionns par lInspecteur dacadmie prsident de luvre, ils ont pu fournir les noms, les listes des orphelins aider. Ils feront le lien entre les familles et les administrations qui octroient des aides aux familles ncessiteuses.

volution de luvre dans les Hautes-Alpes
Depuis cent ans, dans notre dpartement, luvre des pupilles est implique auprs de la population, de ceux qui sont en souffrance, de ceux qui sont en situation de handicap. Les temps ont chang, les besoins galement.
Les successeurs des membres du premier comit jusquaux administrateurs actuels ont fait preuve dimagination, de solidarit, dadaptation.

Voici les faits marquants de notre association, chronologiquement :
1925 : Les uvres de lcole publique devient lAssociation dpartementale des pupilles de lenseignement public.
Elle poursuivra son aide auprs des orphelins, aide qui stendra tous les enfants avec lorganisation des colonies de vacances.

1958 : les colonies de vacances font fureur ! Grce un administrateur influent, monsieur Guy Malet, directeur des sjours colonies, et trsorier de lassociation, quun terrain est achet dans la petite commune du Grau dAgde (Hrault), toiles de tente puis btiments en dur sont construits au fur et mesure, afin de recevoir les jeunes enfants des Hautes-Alpes.

1965 : la suite du legs de la famille Cluzel, constitu de terrains et de moyens financiers, cest la construction et linauguration de lIME de Savines, ce qui a initi le partenariat des PEP avec le Conseil gnral pour la gestion des terrains, la DDAS pour louverture des places et la commune de Savines, qui sappellera Savines-le-Lac en 1963.

1971 : cest louverture du Centre permanent de montagne pour laccueil des classes de dcouverte et des vacances. Ce centre sera rendu la commune de Saint-Bonnet au dbut des annes 2000...

1998 : les PEP 05 reoivent le CMPP et le CAMSP en gestion. Aprs plusieurs locations de locaux, ces tablissements auront leur propre btiment en 2008.

2001 : cest llection dun prsident des PEP, ce nest plus linspecteur dacadmie prsident de droit des PEP. Ici, au centre de la photo, Jean-Pierre Canavaggio, premier prsident lu, entour du directeur gnral et de la secrtaire gnrale.

2010 : les PEP sont chargs dtudier et de mettre en place la Maison dpartementale des adolescents. Cest ltat, via la DDASS, puis la DTARS maintenant, qui en a confi ltude, la mise en uvre et maintenant la gestion. Forte dune dizaine dantennes, rparties dans tout le dpartement, les jeunes et leurs familles ont sur place, laide laquelle ils peuvent faire appel.

2011 : cest louverture de la Maison daccueil spcialise pour les personnes handicapes vieillissantes, dans des locaux provisoires. Linauguration des locaux neufs a t faite en dcembre 2014.

2013 : lassociation dpartementale devient association territoriale des pupilles de lenseignement public des Alpes du sud, avec pour territoire les dpartement des Hautes-Alpes et des Alpes de Haute Provence.

Perspectives
Actuellement, nous poursuivons la gestion de lensemble de ces tablissements et des services mis en uvre au fur et mesure des annes passes.
Ce qui ne nous empche pas davoir lesprit plusieurs chantiers qui nous proccupent et que nous souhaitons mener bien, je nen citerai que trois :
-Dabord conforter le nombre dadhrents, de partenaires, afin dtre mieux implant dans les Alpes de Haute Provence.
-Rnover et revoir laccueil du centre le Cosse au Grau dAgde,
-Trouver les moyens afin de pouvoir donner la place quils mritent aux jeunes atteints de polyhandicap.

Je me rends compte que jai oubli un fait marquant important de notre association :
2015 : laccueil de lassemble gnrale fdrale couple avec la prsentation du centenaire de notre mouvement. Cela est suffisamment fort pour que cet vnement soit marqu et remarqu !
Si le mouvement PEP perdure encore autant,
Si les besoins, hlas ! se font toujours sentir,
Si notre association en prend acte,
Si nous avons un optimisme dmesur, pourquoi ne viendriez-vous pas, une nouvelle fois dans nos Alpes, pourquoi pas ?
Alors, rendez-vous dans cent ans, si vous le voulez-bien !



Remerciements et rfrences :

Fdration gnrale des PEP
Village de vacances Les Hyvans 05230 Chorges
Archives dpartementales :
documents srie 1T 664 668, 1T enseignement 411 / 1, cf. cote 307 W 9682 ; cote 8 PER 14 Bulletin de lInstruction primaire de 1915 1918 ; cote 10 R 454

Juin 2015 Christian BRUN prsident des PEP Alpes du Sud
Les PEP Alpes du Sud MASPHV